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US OPEN – Novak Djokovic : “Maintenant, je comprends ce qua vécu Serena en 2015” – Eurosport FR

Je me concentre uniquement sur le prochain match. Le reste, je ne veux pas y penser, je ne veux pas en parler.” Quelques instants après sa qualification pour les demi-finales aux dépens de Matteo Berrettini, mercredi soir, Novak Djokovic avait jeté un petit froid sur le court Arthur-Ashe en coupant court à l’interview de Patrick McEnroe, lequel souhaitait l’interroger sur sa quête du Grand Chelem. La 8748e question sur le sujet. Celle de trop. C’était une forme de cri du cœur. “Lâchez-moi“, a dit en substance Djokovic.

“Je ne veux pas parler de ça”: Quand Djokovic refuse d’évoquer le Grand Chelem et stoppe l’interview

Psychologiquement, le Serbe évolue sur un fil depuis le début de cet US Open. En réalité, depuis sa victoire à Wimbledon, il n’est question que de ça. Si quelqu’un est habitué à gérer la pression et les attentes, c’est bien lui. Mais même un champion de sa trempe, avec ses vingt titres du Grand Chelem, ses 337 semaines au sommet du classement mondial, peut se retrouver face à l’inédit. C’est cela, le plus complexe pour lui. Gérer une situation jamais connue. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en atteignant la finale, il a réussi à apprivoiser cette tension, même si elle lui a forcément compliqué la vie depuis deux semaines.

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Je sais ce qui est en jeu. Croyez-moi, ça ne m’a pas échappé

A quel point ? Promis, il dira tout. Après. “Bien sûr, j’en parlerai davantage dimanche après la finale en entrant dans les détails”, a-t-il assuré. Mais d’ici là, il a mis le hola. “Ça ne me dérange pas qu’on me pose des questions, mais je crois que je n’ai rein à dire de plus que tout ce que j’ai déjà dit à ce sujet, s’est-il justifié vendredi. Je sais que vous voulez parler d’histoire. Je sais ce qui est en jeu. Croyez-moi, ça ne m’a pas échappé. Mais j’essaie de m’isoler, de rester dans ma routine, de garder mes habitudes.”

Novak Djokovic voulait vivre cet US Open “dans l’instant présent“, comme il l’avait dit en arrivant, mais tout et tout le monde l’a sans cesse ramené à la finalité de sa quête : le Grand Chelem. Ce qui, en soi, n’est pas aberrant. Mais pour lui, c’était un poison potentiel dont il devait se protéger.

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Aucun homme ne s’était retrouvé dans sa position depuis Rod Laver en 1969. Chez les femmes, le cas de figure le plus récent ne date en revanche que de 2015. Victorieuse des trois premiers tournois majeurs de la saison, Serena Williams avait ensuite buté en demi-finale à New York, à la surprise générale, contre Roberta Vinci. L’Américaine avait décidé de ne répondre à aucune question à propos du Grand Chelem et ce dès Cincinnati. Six ans plus tard, Djokovic matérialise ce qu’elle avait vécu à l’époque.

Il joue à la fois pour le Grand Chelem et contre le poids de celui-ci

Je me souviens très bien de 2015, j’avais gagné cette année-là, et j’avais parlé avec Serena, confie le numéro un mondial. Elle était très émotive par rapport à tout ça. Je me retrouve dans ce qu’elle a traversé à l’époque. Maintenant, je comprends ce qu’a vécu Serena en 2015. Evidemment, quand vous vous retrouvez dans cette situation, vous saisissez ce que d’autres ont vécu avant vous. Je comprends aussi pourquoi elle voulait éviter toutes les questions à propos du Grand Chelem parce que, à l’arrivée, il faut aller sur le court et répondre présent. On s’attend toujours à ce qu’on gagne.Et nous avons nos propres attentes, très élevées. C’était le cas pour Serena, c’est le cas pour moi.”

Se protéger dans ce contexte est sans doute illusoire, car tout, absolument tout, ramène Djokovic à ce dimanche 12 septembre. Il le sait. “Je vais jouer ce match comme si c’était le dernier de ma carrière“, a-t-il lancé sur le court vendredi à propos de cette finale contre Daniil Medvedev. Il a répété mot pour mot cette phrase en conférence de presse.

Ce match, c’est peut-être le plus important de ma carrière“, a-t-il insisté, avant de se corriger, comme s’il venait de réaliser qu’à son tour, sans le vouloir, il avait par cette affirmation contribué à mettre en lumière cet enjeu colossal qu’il voudrait laisser de côté. “Peut-être pas de ma carrière, précise-t-il. Mais de cette saison, oui, aucun doute.” Difficile de le contredire. Il joue à la fois pour le Grand Chelem et contre le poids de celui-ci. Une médaille à deux revers, dont il est impossible de séparer les deux faces. Ce serait trop facile.

Novak Djokovic

Crédit: Getty Images

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