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US Open 2021 – Improbable, excitante, ouverte : la finale Fernandez-Raducanu, feu d’artifice d’une quinzaine folle – Eurosport FR

Le contexte

Du côté gauche : Leylah Annie Fernandez, 19 ans depuis cinq jours, 73e joueuse mondiale. Du côté droit, Emma Raducanu 18 ans, bientôt 19 ans, le 13 novembre prochain, 150e mondiale. Voilà pour les présentations de l’affiche la plus improbable en Grand Chelem depuis plus de vingt ans pour le circuit féminin. Il fallait remonter à une autre époque, en 1999, pour voir deux “teenager”, comprenez ici deux joueuses qui n’ont pas encore fêté leur 20 ans, s’affronter en finale d’un tournoi majeur. C’était déjà à l’US Open, le tournoi de tous les possibles. Serena Williams, 17 ans, avait battu une autre prodige, Martina Hingis, 18 ans. L’Américaine avait remporté le premier de ses 23 titres en Grand Chelem.

Alors que New York commémore les vingt ans des Attentats du World Trade Center et de l’ensemble des événements du 11 Septembre 2001, une tragédie que les deux joueuses n’ont pas connu, étant toutes les deux nées en 2002, cette finale a un contexte historique et symbolique qu’on ne peut occulter. Comme il l’a toujours fait depuis vingt ans, le sport fera donc également partie de cette journée spéciale pour les Etats-Unis. Fernandez et Raducanu, qui partagent un point en commun, être nées toutes les deux au Canada, vont, elles, proposer un dernier frisson de sport au public de Flushing Meadows. Pendant quinze jours pour l’une et trois semaines pour Raducanu, issue elle des qualifications, les deux joueuses ont enchanté New York par leur tennis, leur fraîcheur, et surtout leur envie de gagner. Rien n’a semblé pouvoir arrêter les deux femmes, surtout pas les meilleures mondiales, soit renversées, soit balayées avec la manière.

US Open

La finale femmes EN DIRECT VIDEO

IL Y A 2 HEURES

Voir Fernandez aller loin dans un Grand Chelem était plus ou moins attendu, car la Canadienne avait fait parler d’elle en bien chez les juniors. Son tennis créatif de gauchère, et son caractère très trempé, laissaient présager que son explosion au plus haut niveau n’était qu’une question de temps. Professionnelle depuis 2017, elle avait mangé son pain noir en Grand Chelem sur les deux dernières années, avec pour meilleur résultat un 3e tour à Roland-Garros 2020, celui joué à l’automne dans le froid parisien. Après cet apprentissage express, Fernandez va tenter de décrocher son premier Graal. S’il est difficile de prédire l’avenir, notamment en tennis, difficile de se dire qu’on ne la reverra pas le dernier jour du tournoi. Quand on a confiance en soi, tout est possible.

Pour Raducanu, la voir en finale de Grand Chelem est une surprise encore plus grande vu son expérience très limitée au plus haut niveau. Sauf qu’au Royaume-Uni, beaucoup savaient qu’elle allait reprendre le flambeau du tennis féminin britannique très rapidement. Car Raducanu est une météorite. Couvée par la Fédération britannique de tennis, sur-protégée même, par celle-ci ainsi que ses parents, la droitière était dans les starting-blocks depuis plusieurs mois. Suffisait seulement de trouver le moment idoine pour la lâcher dans le grand bain, chose faite à Wimbledon il y a deux mois.

Après avoir souffert d’une crise d’angoisse à Londres, où elle avait déjà atteint le 4e tour, la Britannique a rapidement oublié ce petit incident pour partir en mission commando aux Etats-Unis pour cinq semaines. L’objectif était clair : tout casser à Big Apple. Dans la ville qui ne dort jamais, elle a fait encore plus fort qu’à Wimbly en sortant des qualifications, avant de dévorer toutes ses adversaires en grand tableau. Personne n’avait jamais réalisé un tel parcours en Grand Chelem. Son bilan est impressionnant : neuf rencontres, neuf victoires, aucun set de perdu. En Grand Chelem, c’est deux tournois joués, deux deuxièmes semaines et un statut de plus jeune finaliste en Grand Chelem depuis Maria Sharapova à Wimbledon 2004. Fernandez-Raducanu, voici la jeunesse triomphante, celle qui va dominer le tennis de demain.

Emma Raducanu et Leylah Fernandez

Crédit: Getty Images

Leurs parcours

Leylah Fernandez

1er tour : bat Konjuh (7-6, 6-2)
2e tour : bat Kanepi (7-5, 7-5)
3e tour : bat Osaka (5-7, 7-6, 6-4)
8e de finale : bat Angelique Kerber (4-6, 7-6, 6-2)
1/4 de finale : bat Elina Svitolina (6-3, 3-6, 7-6)
1/2 finale : bat Aryna Sabalenka (7-6, 4-6, 6-4)

Intensité folle, rallyes interminables : Fernandez a dompté Sabalenka en patronne

Emma Raducanu

1er tour qualifications : bat Bibiane Schoofs (6-1, 6-2)
2e tour qualifications : bat Mariam Bolkvadze (6-3, 7-5)
3e tour qualifications : bat Mayar Sherif (6-1, 6-4)

1er tour : bat Stephanie Vogele (6-2, 6-3)
2e tour : bat Zhang Shuai (6-2, 6-4)
3e tour : bat Sarah Sorribes Tormo (6-0, 6-1)
8e de finale : bat Shelby Rogers (6-2, 6-1)
1/4 de finale : bat Belinda Bencic (6-3, 6-4)
1/2 finale : Maria Sakkari (6-1, 6-4)

Muraille à la volée, toujours aucun set perdu : Raducanu a déroulé contre Sakkari

Les chiffres à savoir

1 – Deux deuxièmes semaines lors de ses deux premières apparitions en tableau final d’un Grand Chelem : Emma Raducanu est devenue la première joueuse à réaliser une telle performance lors de ce siècle.

44 – Emma Raducanu va devenir la première joueuse britannique à disputer une finale de Grand Chelem depuis Virginia Wade, vainqueur de Wimbledon en 1977. 44 années d’attente prennent fin.

0 / 4 – C’est le nombre de set concédé par Emma Raducanu en neuf rencontres. Obligée de passer par les qualifications, la Britannique s’est mise en mode tornade. Fernandez en a concédé quatre en six rencontres.

2 – Issue de la même génération, les deux joueuses se sont affrontées deux fois dans leur vie. La première fois à l’Orange Bowl, l’un des tournois juniors les plus prestigieux et la deuxième fois au 2e tour de WImbledon Juniors en 2018. Raducanu avait gagné en deux manches (6-4, 6-2). Officiellement, ces deux rencontres ne comptent pas. Cette finale sera leur premier duel sur le circuit professionnel.

Les déclas

Leylah Fernandez

Je prends du plaisir, j’essaye aussi de produire quelque chose qui plaise au public. Je suis contente que les fans aiment ce que je propose sur un court, quoique je fasse. J’ai fait des choses incroyables, que je qualifierais de magiques également. Je m’amuse tout simplement. Je n’ai pas de limites sur ce que je peux faire. Je suis heureuse que tout se passe bien en ce moment

Fernandez, “le show” aussi face au micro : “Merci New York !”

Emma Raducanu

Je savais que j’avais un niveau similaire à celui de mes adversaires, mais je ne savais pas si j’étais capable de le maintenir sur une ou deux manches. Être capable de les battre, honnêtement, je n’arrive pas à y croire. Cela signifie beaucoup pour moi d’être ici dans cette situation. Je voulais évidemment disputer des Grands Chelems, mais je ne savais pas si ça se produirait si vite. Alors me retrouver en finale, à ce stade de ma carrière, je n’ai pas de mots

Raducanu : “Je n’arrive pas à y croire”

Notre avis

Pas évident de se prononcer avant cette finale qui va projeter le circuit WTA dans le futur. Nous avons deux joueuses qui produisent un tennis créatif, qui jouent avec la foule, prennent du plaisir sans avoir une chape de plomb sur la tête. C’est d’ailleurs très agréable de ne pas avoir deux joueuses qui tremblent à l’idée de gagner un Grand Chelem. Elles viennent sur le court et sont heureuses de le faire.

Nous avons aussi deux parcours extraordinaires : Fernandez a battu le gratin mondial à partir du 3e tour, forcément en y laissant quelques plumes, mais son tableau de chasse se place là quand même. De l’autre, il y a ce parcours parfait de Raducanu. Il est parfaitement adapté à la réputation de prodige qui colle à la peau de la jeune britannique, qui va devenir la nouvelle figure de proue du circuit WTA derrière Serena Williams et Naomi Osaka.

En scrutant son parcours, on remarque que les CV des joueuses battues sont moins ronflants que chez Fernandez, même si battre des joueuses comme Belinda Bencic et Maria Sakkari en deux manches est loin d’être quelque chose d’aisé. Allez, on se mouille : Raducanu semble avoir un tennis plus stable pour s’imposer en finale. De Londres à New York, il y avait quelque chose de grand qui se préparait avec elle.

https://i.eurosport.com/2021/09/11/3216605.jpg

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